15e Festival de Jazz de Saint-Louis du Sénégal
L'album photos de Laurent Gerrer
Time Out Trio
Photo : Laurent Gerrer |
Géraldine Laurent (Saxophone)
Laurent BATAILLE (Batterie)
Yoni ZELNIK (Contrebasse)
Articles de presse
Saint-Louis - Festival International de Jazz :
Lorsque la célèbre saxophoniste française Géraldine Laurent est montée sur la scène du “ In ” au Quai des Arts, les férus du jazz qui ne l’avaient jamais vue jouer, ne s’attendaient pas à cette prestation de qualité assurée par cette musicienne atypique qui a encore honoré la femme.
Sa démonstration prouve encore qu’il est temps de rompre définitivement d’avec cette mentalité qui ravale la femme au dernier plan, au rang de simple ménagère, au statut de simple partenaire de l’homme, considérée souvent en Afrique et dans d’autres coins du monde comme un objet de plaisir. La révélation de cette quinzième édition du festival a été, en effet, le Time Out Trio, dirigé de main de maître par cette brave femme qui a remporté l’année dernière en Europe le Django d’or. Une distinction qui suffit largement pour exprimer la valeur de ce trio. Accompagnée de Yoni Zelnick et de Laurent Bataille (à la batterie et à la contrebasse), Géraldine parvient fort majestueusement à se maintenir hors des sentiers battus tout en revisitant des standards comme Eric Dolphy, Ornette Colman, Charles Mingus, John Coltrane, Whyner Shorter. Cette saxophoniste dont l’alto tranche dans le vif de l’improvisation, s’est inspirée du souffle de Mame Coumba Bang, génie des eaux de la capitale du nord, pour apporter un baume au cœur des festivaliers. Très disciplinée, elle se déplace aisément dans un trousseau vestimentaire simple et noir pour faire parler son saxophone, faire découvrir son style, qui n’est, en fait, qu’un simple jeu mêlé à une douceur d’arrière-plan qui ne demande qu’à jaillir. Une des particularités de son groupe est de projeter un éclairage varié sur l’héritage culturel du jazz américain des années 60, avec une orientation du hard bop un peu déjanté. Randy Weston, le grand pianiste africain, né en Amérique, est monté ensuite sur scène pour crucifier le public. Son duo improvisé avec le jeune et talentueux koriste sénégalais Abdoulaye Cissokho (petit-fils de Soundioulou Cissokho) a séduit et excité le public. Voguant aux confluents de deux cultures, Weston reste un condensé très réussi de la musique africaine et du jazz américain. C’est le pianiste de jazz qui fait le plus parler de lui depuis Ellington et Lemoine. Il cite aussi Duke Ellington, Basie et Cole. Les concerts du “ In ” ont été animés également par le pianiste français François Jeanneau, le groupe du pianiste saint-louisien Khabane Thiam, ceux de Martin Reiter (Autriche) et Pulcinella (France).
L’innovation de taille de ce festival, c’est le partenariat avec Plan International qui a accepté de prendre en charge toute l’organisation du festival “ Off ” qui a permis à Viviane Wade, Awadi, Xuman et autres rappeurs du groupe Aura et de Tundou Dior d’égayer les populations au stade Me Babacar Seye.
Au nom du directeur général du Plan International Ousmane Raymond Seye, Macodé Diop a rendu un vibrant hommage au président du comité d’organisation Badou Sarr, ses collaborateurs Alboury Ndiaye, Samba Diop, Johny Ba, Assane Fall, etc. Ceci, pour l’intérêt particulier qu’ils accordent à ce partenariat qui a permis cette année de placer le festival sous le thème de la protection des enfants et du respect scrupuleux de l’ensemble des droits des enfants, surtout, de ceux qui sont en situation difficile et livrés quotidiennement à la mendicité.
Macodé Diop a enfin laissé entendre que Plan International poursuivra ce partenariat enrichissant et fructueux entre son ONG et l’équipe de Ousmane Alioune dit badou Sarr. |