15e Festival de Jazz de Saint-Louis du Sénégal


L'album photos de Laurent Gerrer


Quartet Pulcinella

 

Photo : Laurent Gerrer

Ferdinand DOUMERC (Saxophone, Flûte)
Frédéric CAVILLIN (Batterie)
Florian DESMONSANT (Accordéon)
Jean Marc SERPIN (Contrebasse)


Articles de presse

Festival de jazz de Saint-Louis du Sénégal

Pulcinella, quatre Français "dans le ventre du jazz"

27/05/2007 Source : AFP


Pulcinella, un quartette formé en 2004 par quatre Français, participe cette année pour la première fois au Festival international de jazz de Saint-Louis (nord du Sénégal), s'offrant ainsi un voyage "dans le ventre du jazz".
Retenus pour le festival 2007 dans le cadre d'un partenariat entre l'ex-capitale coloniale et Toulouse, leur ville du sud-ouest de la France, ils ont débarqué à Saint-Louis trois jours avant l'ouverture de la 15e édition de l'événement organisé du 24 au 27 mai.

 

A leur programme "beaucoup de rencontres, d'échanges musicaux et humains intéressants et enrichissants (...), plusieurs journées assez denses" marquées par des "boeufs" jusqu'à leur concert, donné dans la nuit de vendredi à samedi, explique Ferdinand Doumerc, 28 ans, saxophoniste, flûtiste et leader du groupe.

 

A l'exception de l'accordéoniste Florian Desmonsant, ils en sont tous à leur premier voyage dans cette ville ancienne généralement peu associée à la traite de Noirs qu'elle connut pourtant. Selon des archives, elle amplifia la traite par sa situation stratégique, à la porte du désert mauritanien et le long du fleuve Sénégal.


De leur séjour saint-louisien, les quatre Français sont, évidemment, "très contents" mais "aussi touchés d'être là, en Afrique", raconte le "saxo-flûtiste". "Le jazz, c'est une musique afro-américaine (...) mais il y a une énorme influence africaine. Etre un peu dans le ventre du jazz, ça nous a touchés, ça nous a émus". A en croire l'accueil que leur a réservé le public lors de leur prestation scénique d'environ deux heures, dans la nuit de vendredi à samedi, ce fut un sentiment partagé. Plusieurs centaines de spectateurs, peu découragés par des problèmes techniques depuis le début de la soirée, leur ont bruyamment exprimé leur enthousiasme le long de leur concert, qui a pris fin après samedi à 03H00 du matin. "Vous êtes fous!", leur a lancé un Sénégalais, emporté par leur inventivité - ils joignent des jouets à leurs instruments -, qui leur donne un style inclassable.

 

"Quand on joue, on essaie de faire quelque chose qui ne soit pas identifiable facilement. Et l'accordéon, ça aide beaucoup, puisque ce n'est pas un instrument qui est beaucoup utilisé dans le jazz, sauf récemment", note le contrebassiste Jean-Marc Serpin. En réalité, poursuit-il, "on ne se pose pas la question de savoir si ce qu'on fait ressemble à quelque chose. (...) On essaie d'abord de faire une musique qui nous ressemble, et qui tienne compte de toutes nos influences."

 

L'accordéoniste a été élevé "dans une tradition de bal musette" et a également "beaucoup étudié les musiques des Balkans". Le batteur "est plus d'une origine de free jazz, passionné de musique classique indienne". Le saxophoniste, "lui est plutôt tous azimuts, du funk, du jazz, de la salsa en passant par le zouk. Tout ce qui peut passer, il l'attrape. Et moi, de jazz, de funk et j'ai habité longtemps au Brésil", puisant dans les influences de ce pays, affirme Jean-Marc.

 

Le tout s'emmêle dans un mixeur nommé Pulcinella, parce que ce mot italien sonne "plus joli" que son équivalant français Polichinelle, selon le chef du groupe. "C'est un personnage très vieux, de théâtre, qui a un caractère très fort, un costume (...) mais quelqu'un (qui vient aussi) d'une tradition de cirque".Un monde bien aimé de ces quatre saltimbanques à la quête d'une maison de disques pour sortir leur premier album, presque trois ans après "une maquette autoproduite de cinq titres", explique Ferdinand.