15e Festival de Jazz de Saint-Louis du Sénégal
L'album photos de Laurent Gerrer
Quartet Pulcinella
Photo : Laurent Gerrer |
Ferdinand DOUMERC (Saxophone, Flûte)
Frédéric CAVILLIN (Batterie)
Florian DESMONSANT (Accordéon)
Jean Marc SERPIN (Contrebasse)
Articles de presse
Festival de jazz de Saint-Louis du Sénégal Pulcinella, quatre Français "dans le ventre du jazz"
A leur programme "beaucoup de rencontres, d'échanges musicaux et humains intéressants et enrichissants (...), plusieurs journées assez denses" marquées par des "boeufs" jusqu'à leur concert, donné dans la nuit de vendredi à samedi, explique Ferdinand Doumerc, 28 ans, saxophoniste, flûtiste et leader du groupe.
A l'exception de l'accordéoniste Florian Desmonsant, ils en sont tous à leur premier voyage dans cette ville ancienne généralement peu associée à la traite de Noirs qu'elle connut pourtant. Selon des archives, elle amplifia la traite par sa situation stratégique, à la porte du désert mauritanien et le long du fleuve Sénégal. De leur séjour saint-louisien, les quatre Français sont, évidemment, "très contents" mais "aussi touchés d'être là, en Afrique", raconte le "saxo-flûtiste". "Le jazz, c'est une musique afro-américaine (...) mais il y a une énorme influence africaine. Etre un peu dans le ventre du jazz, ça nous a touchés, ça nous a émus". A en croire l'accueil que leur a réservé le public lors de leur prestation scénique d'environ deux heures, dans la nuit de vendredi à samedi, ce fut un sentiment partagé. Plusieurs centaines de spectateurs, peu découragés par des problèmes techniques depuis le début de la soirée, leur ont bruyamment exprimé leur enthousiasme le long de leur concert, qui a pris fin après samedi à 03H00 du matin. "Vous êtes fous!", leur a lancé un Sénégalais, emporté par leur inventivité - ils joignent des jouets à leurs instruments -, qui leur donne un style inclassable.
"Quand on joue, on essaie de faire quelque chose qui ne soit pas identifiable facilement. Et l'accordéon, ça aide beaucoup, puisque ce n'est pas un instrument qui est beaucoup utilisé dans le jazz, sauf récemment", note le contrebassiste Jean-Marc Serpin. En réalité, poursuit-il, "on ne se pose pas la question de savoir si ce qu'on fait ressemble à quelque chose. (...) On essaie d'abord de faire une musique qui nous ressemble, et qui tienne compte de toutes nos influences."
L'accordéoniste a été élevé "dans une tradition de bal musette" et a également "beaucoup étudié les musiques des Balkans". Le batteur "est plus d'une origine de free jazz, passionné de musique classique indienne". Le saxophoniste, "lui est plutôt tous azimuts, du funk, du jazz, de la salsa en passant par le zouk. Tout ce qui peut passer, il l'attrape. Et moi, de jazz, de funk et j'ai habité longtemps au Brésil", puisant dans les influences de ce pays, affirme Jean-Marc.
Le tout s'emmêle dans un mixeur nommé Pulcinella, parce que ce mot italien sonne "plus joli" que son équivalant français Polichinelle, selon le chef du groupe. "C'est un personnage très vieux, de théâtre, qui a un caractère très fort, un costume (...) mais quelqu'un (qui vient aussi) d'une tradition de cirque".Un monde bien aimé de ces quatre saltimbanques à la quête d'une maison de disques pour sortir leur premier album, presque trois ans après "une maquette autoproduite de cinq titres", explique Ferdinand. |