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ARTICLES DE PRESSE

 

Saint -Louis Festival International de Jazz :
L’ensemble lyrique donne le ton

Mardi 29 Mai 2007 - Le Soleil - Mbagnick Kharachi Diagne

 

Le Quai des Arts de Saint-Louis a refusé du monde jeudi dernier, à l’occasion de la cérémonie officielle d’ouverture de la quinzième édition du festival international de jazz.


Madiodio Gningue, Soda Mama Fall, Khar Mbaye Madiaga, Mbaye Ndiaye Kamdigue et autres grosses pointures de l’ensemble lyrique traditionnel du Théâtre National “ Daniel Sorano ” ont rivalisé d’ardeur et de talent à travers des prestations d’assez bonne facture, pour tenir en haleine le public et galvaniser jusqu’à deux heures du matin ces nombreux férus de jazz et de musique traditionnelle, massés aux alentours du lieu de concert dès les premières heures de l’après-midi.


Les communicateurs traditionnels, notamment, Bayou Mbaye, Zabi Ndiaye, Moustapha Mbaye Barama, Makhou Mbengue et Meïssa Seck, ont agrémenté la fête en rappelant au public l’histoire de la capitale du Nord.


Le président de l’association Saint-Louis /Jazz Ousmane Alioune Sarr dit Badou Sarr, s’est réjoui de ces belles prestations, précisant que la 15ème édition du festival international de jazz de Saint-Louis, placée sous le thème “ Protection de l’enfant ” et organisée avec l’appui de Plan International, est une invite aux populations pour renouer avec les célèbres veillées nocturnes animées par des artistes de gros calibre qui ont l’habitude de chauffer l’ambiance au Théâtre National “ Daniel Sorano ”.


Cette initiative et cette innovation de taille, a-t-il souligné, sont l’expression de la volonté du comité d’organisation de cette quinzième édition, de s’ouvrir et d’organiser la rencontre entre les grandes divas de la musique traditionnelle sénégalaise. La présence de l’ensemble lyrique traditionnel, a-t-il souligné, est en parfaite harmonie avec les origines du jazz car, “ tout a été africain avant d’aspirer à l’universel ”.


En présence de Mme Sokhna Diallo, représentant Plan International (qui fait partie des partenaires les plus importants du comité d’organisation), Alioune Badiane directeur des Arts et représentant du ministre de la Culture, Alioune Badara Beye coordonnateur national du FESMAN, Mamadou Traoré, conseiller culturel du Chef de l’Etat, le maire Ousmane Masseck Ndiaye a laissé entendre que cet événement culturel a une dimension internationale.


Le gouvernement et la municipalité de Saint-Louis, de l’avis de Ousmane Masseck Ndiaye doivent impérativement soutenir et appuyer l’organisation de ce festival qui contribue efficacement à vendre la destination Sénégal. Les subventions allouées à l’organisation de cet événement par le ministère du tourisme et sa municipalité, doivent selon le maire Ousmane Masseck Ndiaye, être revues, chaque année à la hausse.


Il s’est réjoui enfin de la participation de l’ensemble lyrique traditionnel à cette quinzième édition du festival de jazz qui sera marqué par les prestations attendues de Randy Weston (pianiste américain, François Jeanneau (pianiste français) et autres jazz-men européens et américains.

 

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Festival de jazz de Saint-Louis du Sénégal

Pulcinella, quatre Français "dans le ventre du jazz"

27/05/2007 Source : AFP


Pulcinella, un quartette formé en 2004 par quatre Français, participe cette année pour la première fois au Festival international de jazz de Saint-Louis (nord du Sénégal), s'offrant ainsi un voyage "dans le ventre du jazz".
Retenus pour le festival 2007 dans le cadre d'un partenariat entre l'ex-capitale coloniale et Toulouse, leur ville du sud-ouest de la France, ils ont débarqué à Saint-Louis trois jours avant l'ouverture de la 15e édition de l'événement organisé du 24 au 27 mai.

 

A leur programme "beaucoup de rencontres, d'échanges musicaux et humains intéressants et enrichissants (...), plusieurs journées assez denses" marquées par des "boeufs" jusqu'à leur concert, donné dans la nuit de vendredi à samedi, explique Ferdinand Doumerc, 28 ans, saxophoniste, flûtiste et leader du groupe.

 

A l'exception de l'accordéoniste Florian Desmonsant, ils en sont tous à leur premier voyage dans cette ville ancienne généralement peu associée à la traite de Noirs qu'elle connut pourtant. Selon des archives, elle amplifia la traite par sa situation stratégique, à la porte du désert mauritanien et le long du fleuve Sénégal.


De leur séjour saint-louisien, les quatre Français sont, évidemment, "très contents" mais "aussi touchés d'être là, en Afrique", raconte le "saxo-flûtiste". "Le jazz, c'est une musique afro-américaine (...) mais il y a une énorme influence africaine. Etre un peu dans le ventre du jazz, ça nous a touchés, ça nous a émus". A en croire l'accueil que leur a réservé le public lors de leur prestation scénique d'environ deux heures, dans la nuit de vendredi à samedi, ce fut un sentiment partagé. Plusieurs centaines de spectateurs, peu découragés par des problèmes techniques depuis le début de la soirée, leur ont bruyamment exprimé leur enthousiasme le long de leur concert, qui a pris fin après samedi à 03H00 du matin. "Vous êtes fous!", leur a lancé un Sénégalais, emporté par leur inventivité - ils joignent des jouets à leurs instruments -, qui leur donne un style inclassable.

 

"Quand on joue, on essaie de faire quelque chose qui ne soit pas identifiable facilement. Et l'accordéon, ça aide beaucoup, puisque ce n'est pas un instrument qui est beaucoup utilisé dans le jazz, sauf récemment", note le contrebassiste Jean-Marc Serpin. En réalité, poursuit-il, "on ne se pose pas la question de savoir si ce qu'on fait ressemble à quelque chose. (...) On essaie d'abord de faire une musique qui nous ressemble, et qui tienne compte de toutes nos influences."

 

L'accordéoniste a été élevé "dans une tradition de bal musette" et a également "beaucoup étudié les musiques des Balkans". Le batteur "est plus d'une origine de free jazz, passionné de musique classique indienne". Le saxophoniste, "lui est plutôt tous azimuts, du funk, du jazz, de la salsa en passant par le zouk. Tout ce qui peut passer, il l'attrape. Et moi, de jazz, de funk et j'ai habité longtemps au Brésil", puisant dans les influences de ce pays, affirme Jean-Marc.

 

Le tout s'emmêle dans un mixeur nommé Pulcinella, parce que ce mot italien sonne "plus joli" que son équivalant français Polichinelle, selon le chef du groupe. "C'est un personnage très vieux, de théâtre, qui a un caractère très fort, un costume (...) mais quelqu'un (qui vient aussi) d'une tradition de cirque".Un monde bien aimé de ces quatre saltimbanques à la quête d'une maison de disques pour sortir leur premier album, presque trois ans après "une maquette autoproduite de cinq titres", explique Ferdinand.

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Saint-Louis - Festival International de Jazz :
Randy Weston et Géraldine Laurent
clôturent en beauté


Le Soleil - Mercredi 30 Mai 2007 - Mbagnick Kharachi Diagne

Lorsque la célèbre saxophoniste française Géraldine Laurent est montée sur la scène du “ In ” au Quai des Arts, les férus du jazz qui ne l’avaient jamais vue jouer, ne s’attendaient pas à cette prestation de qualité assurée par cette musicienne atypique qui a encore honoré la femme.

 

Sa démonstration prouve encore qu’il est temps de rompre définitivement d’avec cette mentalité qui ravale la femme au dernier plan, au rang de simple ménagère, au statut de simple partenaire de l’homme, considérée souvent en Afrique et dans d’autres coins du monde comme un objet de plaisir. La révélation de cette quinzième édition du festival a été, en effet, le Time Out Trio, dirigé de main de maître par cette brave femme qui a remporté l’année dernière en Europe le Django d’or. Une distinction qui suffit largement pour exprimer la valeur de ce trio. Accompagnée de Yoni Zelnick et de Laurent Bataille (à la batterie et à la contrebasse), Géraldine parvient fort majestueusement à se maintenir hors des sentiers battus tout en revisitant des standards comme Eric Dolphy, Ornette Colman, Charles Mingus, John Coltrane, Whyner Shorter. Cette saxophoniste dont l’alto tranche dans le vif de l’improvisation, s’est inspirée du souffle de Mame Coumba Bang, génie des eaux de la capitale du nord, pour apporter un baume au cœur des festivaliers. Très disciplinée, elle se déplace aisément dans un trousseau vestimentaire simple et noir pour faire parler son saxophone, faire découvrir son style, qui n’est, en fait, qu’un simple jeu mêlé à une douceur d’arrière-plan qui ne demande qu’à jaillir. Une des particularités de son groupe est de projeter un éclairage varié sur l’héritage culturel du jazz américain des années 60, avec une orientation du hard bop un peu déjanté. Randy Weston, le grand pianiste africain, né en Amérique, est monté ensuite sur scène pour crucifier le public. Son duo improvisé avec le jeune et talentueux koriste sénégalais Abdoulaye Cissokho (petit-fils de Soundioulou Cissokho) a séduit et excité le public. Voguant aux confluents de deux cultures, Weston reste un condensé très réussi de la musique africaine et du jazz américain. C’est le pianiste de jazz qui fait le plus parler de lui depuis Ellington et Lemoine. Il cite aussi Duke Ellington, Basie et Cole. Les concerts du “ In ” ont été animés également par le pianiste français François Jeanneau, le groupe du pianiste saint-louisien Khabane Thiam, ceux de Martin Reiter (Autriche) et Pulcinella (France).

 

L’innovation de taille de ce festival, c’est le partenariat avec Plan International qui a accepté de prendre en charge toute l’organisation du festival “ Off ” qui a permis à Viviane Wade, Awadi, Xuman et autres rappeurs du groupe Aura et de Tundou Dior d’égayer les populations au stade Me Babacar Seye.

 

Au nom du directeur général du Plan International Ousmane Raymond Seye, Macodé Diop a rendu un vibrant hommage au président du comité d’organisation Badou Sarr, ses collaborateurs Alboury Ndiaye, Samba Diop, Johny Ba, Assane Fall, etc. Ceci, pour l’intérêt particulier qu’ils accordent à ce partenariat qui a permis cette année de placer le festival sous le thème de la protection des enfants et du respect scrupuleux de l’ensemble des droits des enfants, surtout, de ceux qui sont en situation difficile et livrés quotidiennement à la mendicité.

 

Macodé Diop a enfin laissé entendre que Plan International poursuivra ce partenariat enrichissant et fructueux entre son ONG et l’équipe de Ousmane Alioune dit badou Sarr.

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Randy Weston, tête d'affiche
du 15e Saint-Louis Jazz festival


par Coumba Sylla

Saint-Louis (nord du Sénégal) accueille à partir de jeudi son 15e festival international de jazz avec, en vedette, l'Afro-américain Randy Weston pour une édition placée sous le double signe de la "rupture" et du "retour aux sources", selon les organisateurs.


Randy Weston, 81 ans, musicien ouvert sur l'Afrique et figure imposante du piano moderne, se produira à la tête de son quartet le dimanche 27 mai, au dernier des quatre jours de l'évènement, qui est l'un des tout premiers du genre sur le continent et l'un des plus réguliers avec le Festival Jazz à Ouagadougou.


Le pianiste, qui s'était déjà produit en 1993 dans le cadre de ce festival, revient cette année pour la deuxième fois, a indiqué à l'AFP Samba Diop, porte-parole de l'association Saint-Louis Jazz.
L'Américain sera précédé sur scène, le même soir, par la Française Géraldine Laurent, saxophoniste de 32 ans, lauréate en 2006 du "Django d'or" du nouveau talent, représentant au jazz ce que sont les "César" pour le cinéma en France.


Elle se produira avec deux autres musiciens avec lequel elle forme le "Time Out Trio", un des huit groupes à l'affiche du programme "In".


La scène du "In" verra ainsi évoluer différentes générations, à l'instar du septuagénaire français François Jeanneau, ex-directeur de l'orchestre de jazz de son pays, et de son cadet autrichien, Martin Reiner, à l'aube de la trentaine.
La vieille cité bâtie sur l'estuaire du fleuve Sénégal résonnera également de sonorités du pays avec l'ensemble traditionnel du Théâtre Daniel Sorano de Dakar, à l'ouverture officielle, ainsi qu'avec l'orchestre du festival, le Saint-Louis Jazz Orchestra mêlant kora, piano, batterie et basse (samedi 26).
Convier la musique traditionnelle à une manifestation dédiée au jazz, "c'est un choix délibéré (...) pour ouvrir davantage le festival aux populations (qui) disaient qu'elles ne se sentaient pas concernées par le festival à cause d'un programme trop élitiste", a expliqué Samba Diop.


C'est aussi "une ouverture aux détenteurs de nos traditions", a-t-il ajouté.


Le programme "Off" prolongera cette ouverture, avec des concerts animés sur trois jours par des célébrités du "mbalax", musique locale très rythmée, et des stars du hip-hop au stade Me Babacar Sèye.


Le festival 2007 "est une édition de rupture et de retour aux sources", a déclaré le président de Saint-Louis Jazz, Ousmane Alioune Sarr, dans le dossier de presse du festival.


"Rupture parce que les organisateurs ont décidé d'associer tous les amoureux de la musique", et "retour aux sources parce que ce festival de jazz servira de tremplin aux jeunes talents sénégalais qui auront ainsi l'opportunité de partager la scène avec des stars internationales", a-t-il expliqué.
Le festival 2007, doté d'un budget de 100 millions de FCFA (152.000 euros), a tout en oeuvre pour éviter couacs et défections qui ont marqué de précédentes éditions, a assuré Samba Diop. "A ce niveau-là, il y aura une vraie rupture".

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Le festival de jazz de Saint-Louis
entre dans le vif du sujet


AFP

Le festival international de jazz de Saint-Louis (nord du Sénégal), dont la 15e édition se tient jusqu'à dimanche, est entré vendredi soir dans le vif du sujet avec des concerts marqués par la prestation de Pulcinella, quartet de Toulouse (sud-ouest de la France).


L'ouverture officielle, qui a vu se produire jeudi soir l'ensemble lyrique traditionnel du Théâtre national Daniel Sorano du Sénégal, a rassemblé "2.000 à 2.500 spectateurs" dans une salle comportant 1.500 places assises, a déclaré à l'AFP Samba Diop, porte-parole de l'association Saint-Louis Jazz qui organise le festival.


La deuxième soirée du programme "in" a débuté vendredi soir avec la prestation d'un trio sénégalo-martiniquais, le Joël Sullivan Project, qui a proposé d'audacieux arrangements de musiques ouest-africaines et des Caraïbes.


La meilleure surprise de la soirée fut Pulcinella, qui a ravi les mélomanes et les a bousculés avec leur humour.


Ferdinand Doumerc, le chef du groupe, et ses trois complices se sont transformés en véritable orchestre, jonglant entre vents, cordes et percussions: saxophone, flûte, contrebasse, batterie, accordéon, parvenant à élever des jouets d'enfants ou accessoires de supporter de foot au rang d'instruments.


Selon les spectateurs, les quatre Français ont été les plus enjoués et les plus inventifs.


"Vous êtes fous!", leur a lancé un spectateur, conquis. "Exactement. Et nous l'assumons!", lui a répondu Florian Desmonsat, l'accordéoniste.


Le quartet Pulcinella, qui a été ovationné avec enthousiame par le public, est composé de "musiciens de cirque victimes d'un plan social, privés de chapiteau" et qui ont décidé "de faire leur cirque, sans les quilles, les ours et les cerceaux", selon le dossier de présentation du festival.


Le 15e Saint-Louis Jazz "in" devait se poursuivre samedi avec le quartet François Jeanneau (France) avant la clôture officielle prévue dimanche avec l'Afro-Américain Randy Weston.


Ce pianiste de renom devrait être précédé sur scène par deux trios dirigés par l'Autrichien Martin Reiter et la Française Géraldine Laurent (Out Time Trio, Django d'or 2006).


Le festival "off" se tient également jusqu'à dimanche, avec des concerts dopnnés principalement par des artistes locaux, sur le thème de la protection de l'enfant.

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Festival de jazz de Saint-Louis, fièvre musicale au bord du fleuve Sénégal


par Coumba Sylla

Hôtels pleins, places grouillantes de monde, concerts chics ou populaires, découvertes d'artistes locaux et d'ailleurs. Saint-Louis (nord du Sénégal) sort de sa torpeur habituelle le temps de son 15e Festival de jazz, qui se tient jusqu'à dimanche.


Camara Awa Camara, couturière venue du faubourg de Sor, sur la partie continentale de la ville, participe à une foire artisanale Place Faidherbe au coeur de l'île bâtie sur l'estuaire du fleuve Sénégal.
"La ville est morte quand il n'y a pas le festival. Avec le festival, il y a de l'animation, et on fait des affaires", affirme Mme Camara, guettant un éventuel client dans la foule qui se presse sur les lieux au milieu d'une cacophonie de décibels.


Astou Coulibaly, vice-présidente des artisans du village artisanal de Saint-Louis, en est à sa dixième "expo-vente" en marge du festival et elle fait le même constat: "les affaires, ça marche mieux" pendant Saint-Louis Jazz.


"Tous les corps de métier y trouvent leur compte, (...) le festival draine une masse énorme d'argent", confirme, sans donner de montant, Samba Diop, porte-parole de l'association Saint-Louis Jazz, qui organise l'évènement.


Depuis plusieurs jours, des groupes de touristes au bronzage récent côtoient des festivaliers aux airs de bohème dans les rues, restaurants, cafés de Saint-Louis, ex-capitale de l'Afrique occidentale française classée en 2000 au patrimoine mondial de l'Humanité par l'Unesco.


"Ca permet de prolonger la saison touristique qui s'arrêtait habituellement fin avril. Maintenant, jusqu'à fin mai, les hôtels sont +full+", déclare Mohamed Lamine Sylla, inspecteur régional du tourisme de Saint-Louis.


Selon M. Sylla, le festival a notamment permis de diversifier la demande touristique sur "la destination Saint-Louis".


Jusqu'à début 2000, indique-t-il, "70% des arrivées étaient constituées de Français, 15% de ressortissants du Bénélux et 4% d'Espagnols. Le festival a aidé Saint-Louis à s'ouvrir aux Amériques, notamment au Brésil, ainsi qu'à l'Afrique australe, au Japon et à la Chine."


Cette affluence touristique est vérifiable aux concerts du festival officiel - le "in" -, donnés au Quai des Arts, dans le quartier Nord de l'île.


Cette scène a vu défiler vendredi soir le trio afro-caribéen Joël Jullian Project, le groupe euro-africain African Touch Sextet et le groupe français Pulcinella, qui a emporté le public dans des compositions inventives et enjouées.


Au programme "off", qui se déroule jusqu'à dimanche au Stade Me Babacar Sèye à Sor, le public est essentiellement composé de Sénégalais. Des jeunes, pour la plupart, attirés par d'autres styles de musique comme le "mbalax", marqué par les percussions, ou le hip-hop.


Le pianiste Afro-Américain Randy Weston, tête d'affiche du festival et ouvert sur l'Afrique, conciliera peut-être les deux publics lors de sa prestation, dimanche soir, en clôture du festival.
Avec la programmation de Weston, ainsi que de deux trios dirigés par l'Autrichien Martin Reiter et la Française Géraldine Laurent (Out Time Trio, Django d'or 2006), "on table sur 3.000 à 5.000 spectateurs", contre "2.000 à 2.500 spectateurs à l'ouverture", affirme Samba Diop.

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Saint-Louis Jazz: la "tristesse" de Randy Weston pour une Afrique méconnue


par Coumba Sylla

Le pianiste afro-américain Randy Weston, 81 ans, ne manque jamais de parler de l'Afrique, d'où sont originaires ses ancêtres et le jazz qu'il pratique depuis plus d'un demi-siècle.


La chose qui l'"attriste", c'est que ce continent demeure "peu connu."


"C'est très important de comprendre que la musique traditionnelle d'Afrique est notre base. Nous ne nous (en) départirons jamais ", déclare Weston, rencontré dimanche à Saint-Louis (nord du Sénégal), où il était la tête d'affiche du 15e festival international de jazz (24-27 mai).


Ce musicien au physique imposant et aux longs doigts délicats, compte dans sa discographie plusieurs albums dédiés au continent et à ses origines, dont "Blues to Africa", "African Nite" ou "The spirit of our ancestors". Un attachement qu'il doit à son père, qui a toujours parlé de ses ancêtres depuis son enfance à Brooklyn (New York), quartier qui l'a vu naître.


"Ma première composition pour l'Afrique remonte à 1954, ça s'appelait +Zulu+", explique le pianiste, qui se définit d'ailleurs comme un "Africain né en Amérique", et dit "nous" lorsqu'il parle des Africains.
Lorsqu'il monte sur scène ou sort un nouvel album, ce sont les musiques de l'Afrique qu'il distille, "la musique des peuples noirs du Maroc, le blues, la musique du Nigeria, de l'Egypte, du Congo...", explique le musicien qui partage sa vie entre Paris et New York.


"Ce que nous faisons, nous emportons les gens en voyage, pour qu'ils entendent comment la civilisation africaine a civilisé le monde et la musique. (...) Nous essayons de présenter une partie de rythmes traditionnels africains, avec du jazz. Mais tout est africain, ça vient de mes ancêtres."
Il l'a confirmé à la clôture du festival, dans la nuit de dimanche à lundi. Venu en boubou et bonnet africains, il a répété l'importance de l'Afrique dans sa vie, accompagné sur scène par un percussionniste, Neil Clark, et un contrebassiste, Alex Blake, avec lesquels il forme un trio, le "African Rythms".


A ses débuts, selon lui, on parlait peu de ce continent ailleurs dans le monde, notamment aux Etats-Unis. Aujourd'hui, les choses ont "beaucoup changé", la culture africaine est revendiquée "un peu partout maintenant. (...) On l'entend dans la musique, on la voit dans les sculptures, dans la mode", indique l'homme à la voix forte et au rire communicatif.


Un de ses regrets, cependant, c'est de voir "combien on en sait toujours aussi peu sur l'Afrique et son peuple".


"C'est ma tristesse, ma frustration. (...) J'en serai triste pour le reste de ma vie", assure-t-il, avant d'évoquer l'historien sénégalais Cheikh Anta Diop, auteur de nombreux travaux affirmant l'antériorité des civilisations noires en Egypte. Il a personnellement connu Diop, décédé il y a 21 ans, et lui a rendu hommage en lui dédiant un album.


"Le travail de gens comme Cheikh Anta Diop est très important pour comprendre l'histoire de l'Afrique quand l'Afrique était grande, parce que nous fûmes la première civilisation", assure-t-il.


Lui-même a beaucoup appris sur le continent lorsqu'il a décidé, dans les années 60, de s'installer au Maroc, et en voyageant, notamment pendant une tournée en 1967 dans 14 pays africains.


Pour Randy Weston, les dirigeants et intellectuels africains ne font "pas assez" pour mieux faire connaître le continent. "Il y a trop d'influence occidentale. Nous avons tellement de choses à apprendre sur notre peuple."

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15e Saint-Louis Jazz : une belle affiche, mais encore des approximations


AFP

Le 15e Festival de jazz de Saint-Louis (nord du Sénégal), qui s'est tenu du 24 au 27 mai, a proposé des artistes de qualité comme l'Afro-Américain Randy Weston, sans parvenir à se départir des retards et approximations ayant déjà terni de précédentes éditions.


Les concerts "in" se sont déroulés au Quai des Arts, dans le quartier Nord de l'île, et les concerts "off", essentiellement du hip-hop et du mbalax (musique locale basée sur des percussions), au stade Babacar Guèye, dans le faubourg de Sor, sur la partie continentale de cette ville historique.


Randy Weston, 81 ans, pianiste de renom ouvert sur l'Afrique, s'est produit avec son groupe, le trio African Rythms, au dernier jour du festival.


Weston et ses collègues, qui ont invité le joueur de kora sénégalais Ablaye Cissoko, ont ravi un public venu en nombre, poussant les retardataires à s'entasser aux portes de la salle pour suivre leur prestation.


Cissoko, 37 ans, héritier de la tradition des griots mandingues, s'était déjà produit auparavant: d'abord aux côtés d'un quartet conduit par le Français François Jeanneau, autre grosse pointure de la programmation 2007, puis au sein du Saint-Louis Jazz Orchestra, formation locale qu'il dirige.


Officiellement ouverte avec l'ensemble lyrique traditionnel du Théâtre national Daniel Sorano, la 15e édition a aussi été marquée par la prestation de Out Time Trio (France), groupe de la saxophoniste Géraldine Laurent (Django d'or 2006), et le concert en solo de l'Autrichien Martin Reiter.


Une des belles surprises a été Pulcinella, quatuor français très inventif mêlant leurs saxophone, flûte, mélodica, accordéon, contrebasse et batterie, avec divers objets dont des jouets, dans un style difficile à classer.


La programmation 2007 a cependant péché par de nombreux retards.


Beaucoup de spectateurs ont aussi déploré le manque d'enthousiasme du présentateur, sans entrain, souvent expéditif, qui les a notamment sevrés d'un rappel après la prestation de Weston.


Un artiste abandonné sur scène, s'exprimant en anglais sans traduction. Une cymbale qui tombe lors de la prestation d'un batteur. Des hôtesses distribuant des journaux en plein concert. Des spectateurs retardataires et bruyants incommodant public et artistes... La liste des griefs n'est pas exhaustive.


Les organisateurs ont assuré à l'AFP avoir pourtant fait de leur mieux pour que le 15e Saint-Louis Jazz, doté d'un budget de 100 millions de francs CFA (152.000 euros), soit une édition "de rupture" avec les précédentes, marquées par des déprogrammations et autres couacs.


Samba Diop, porte-parole de l'Association Saint-Louis Jazz qui organise le festival, a rejeté certains griefs liés à la technique, en parlant d'un "mauvais procès".


"Nous nous sommes organisés tant bien que mal pour lutter contre cela", a déclaré M. Diop, reconnaissant cependant le non-respect des horaires.


"Il y a eu des retard qu'on a notés, effectivement (...). Il va falloir, dans l'avenir, être beaucoup plus strict et tenir les choses de façon que les artistes puissent respecter les heures de programmation. Même s'il n'y a que deux ou trois spectateurs, l'artiste qui est programmé à 21H30 doit démarrer à 21H30. Il va falloir qu'on habitue le public aussi à ça".


Les premiers concerts locaux du Saint-Louis Jazz ont été donnés en 1991, deux ans avant la toute première édition internationale.


Selon les autorités locales, en 15 ans, le festival a notamment permis de développer le tourisme et de diversifier la demande touristique sur "la destination Saint-Louis", ville classée au patrimoine mondial de l'humanité en 2000 par l'Unesco.

 

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