Sylvain Beuf est un musicien français né à Paris le 6 avril 1964.Il joue du saxophone soprano, alto et ténor, de la flûte et de la clarinette. Il est aussi compositeur et arrangeur. Il entreprend des études classiques à l'ENM d'Orsay où il obtient en 1984 une médaille d'or en saxophone ainsi qu'un prix de musique de chambre. Il étudie l'harmonie classique avec Pierre Lantier. Il étudiera au CIM l'harmonie du jazz aux côtés de Jean-Claude Forenbach et de Bernard Maury, le saxophone avec Philippe Maté et Claude Tissandier. Il a joué avec : Martial Solal, René Urtreger, Hervé Sellin, Daniel Humair, Henri Texier, Richard Galliano, le collectif Zhivaro, André Cecarrelli, Aldo Romano, Michel Marre, Gérard Badini, le groupe Océan, Moutin Réunion, Patrice Caratini, Andy Emler, Franck Amsallem, Gordon Beck, Alain Jean-Marie, Bojan Z, Billy Hart, Jean- Michel Pilc, Emmanuel Bex, Éric Le Lann...
Sylvain Beuf est considéré comme l'un des meilleurs musiciens actuels tant auprès du public qu'auprès des professionnels qui lui décernent respectivement en 1994 le « Django d'Or » pour son premier disque « Impro Primo », en 1995 le prix Django-Reinhardt du meilleur musicien Français de l'année. Plus récemment, début 2000 : Talent Midem 2000 et les « Victoires de la Musique » dans la catégorie « Nouveau talent jazz .
Le plus incontournable de nos saxophonistes ténor (Victoire de la Musique, 2 Djangos d'Or, Talent Midem) aux 20 ans de carrière écumés avec le who's who du jazz français (Martial Solal, André Ceccarelli, Aldo Romano, les frères Moutin, Bojan Z, Manuel Rocheman, etc.), s'est forgé l'image d'un tranquille et modeste surdoué : compositeur prolixe, soliste inspiré, leader à la parfaite maîtrise et aux choix certains. Celui qu'un Michel Contat plaçait déjà au niveau d'un Joshua Redman ou d'un Brandford Marsalis au début des années 90 a patiemment construit un chemin sans faute mais non sans surprise, préférant les projets créatifs à tout confortable ressassement. D'abord reconnu comme un sublime artisan du trio auquel il a sans conteste redonné tout l'éclat dont un Sonny Rollins nous a laissé la nostalgie, Sylvain Beuf n'a eu de cesse d'explorer les possibilités de chaque formule, du trio au big band.
Au travers de ce parcours exemplaire, Sylvain Beuf s'est forgé au fil du temps la chose la moins partagée dans l'univers jazzistique : sa propre marque de fabrique ; un style qui tire son caractère de la dynamique du phrasé, de l'originalité de la sonorité, de la densité et de l'intelligence du discours combinées au charme mélodique des compositions et à une inimitable façon de rendre simples et accessibles les structures les plus complexes
Dès l'entame de cet album on pense inévitablement à Sonny Rollins. Et puis, au fil des morceaux les influences se bousculent et cela devient une évidence : c'est du Sylvain Beuf ! Et du grand ! Du genre à imprimer définitivement sa propre marque de fabrique. Jamais le saxophoniste n'a paru à ce point maîtriser son discours et son phrasé atteignant ainsi une sorte de maturité tranquille dans l'expression de son jeu. Sylvain Beuf a cette inimitable façon de nous rendre simple et accessibles les compositions les plus riches et les plus complexes et à nous maintenir en totale captivité consentante.
Accompagnée d'immenses musiciens, la formule atteint la perfection du quartet. Ces quatre- là s'écoutent et s'entendent. Cohésion intime. Fusion magique et intraduisible.